Chronologie

1955 ,dans la continuité de la déclaration de 1928, marque un point pour le Grand Prieuré qui peut enfin reprendre en main le cours de sa vie.

Dans la continuité de la déclaration de 1928, le 9 décembre 1953, les descendants des Commandants Héréditaires, certains héritiers de ceux de 1928 et leur association, ont tenu une réunion à Paris, et ont rédigé une Constitution pour le Grand Prieuré Russe en exil.
En février 1955, le Grand Prieuré en exil basé à Paris, a été enregistré par Son Altesse Impériale André Vladimirovitch Romanov en personne, de façon très formelle comme Association Étrangère sous la Loi française en tant que "Grand Prieuré Russe de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem". Les engagements du Préfet de Police et celui du Directeur de la Sûreté nationale, ainsi que le nouveau Statut montrent clairement qu’il ne s’agit pas d’une représentation pour la France, mais de l’organisation du Grand Prieuré à partir du sol français. Le Prince André prend le titre de Grand Prieur, mais il décède malheureusement en 1956.
Le Grand Duc Vladimir Kirillovitch lui succède comme « Protecteur » de l'Union des Descendants, mais a refusé le titre de Grand Prieur. En
 
1975 à 2004  Les USA
 
En 1975, bien que l'équipe dirigeante originale du Groupe de Paris se soit éteinte, la tradition a été maintenue, d’une part les membres réguliers de l'Union, mais d’autre part aux USA par l’OOSJ (Orthodox Order of St John).
En effet, en 1977, alors que « l'Union » à Paris décline, c'est aux USA qu'un groupe va concentrer les forces vives qui veulent assurer la continuité du Grand Prieuré Russe. Le Comte Nicolas Bobrinsky, arrière petit neveux de Paul 1er, reçoit de son demi-frère Alexis toutes ses archives et documents, et de ce fait lui « transmet le flambeau » au titre de Chevalier Héréditaire. Alexis Bobrinsky a été reconnu par décision capitulaire du Grand Prieuré Russe en exil de Paris en 1962 et il était dument mandaté pour le développement à l’étranger. Avec le Prince Serge Segueïevitch Troubetsky, frère de Nikita qui meurt en 1980, ils constituent l'Ordre Souverain des Chevaliers Orthodoxes Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, l'OOSJ.
Or, cette nouvelle branche de l’OOSJ bénéficie des reconnaissances de Michel Romanov, Prince de Russie, et du Patriarcat de Moscou, ce qui lui confère une certaine légitimité, en la reconnaissant comme «la branche orthodoxe du Grand Prieuré Russe ». 
Aux USA s’est déjà développée, en parallèle depuis 1908, semble-t-il, une autre branche du Grand Prieuré Russe, dont l’authenticité est discutée par certains, mais dont les membres sont très impliqués. Bobrinsky cherchera d’abord à faire cause commune avec eux, puis il renoncera. Cette branche a donné ce que l’on appelle aussi l’ « Ordre de Cassagnac ».
En 2004, grâce à l'action tenace du vice-chancelier, Jacques Peltier de Glatigny, l'OOSJ s'est associée à « l'Union des Commandeurs et Chevaliers Héréditaires », constituée en 2004 en Alsace sous la présidence du Prince Vladimir Vladimorovitch Bariatinski avec l'adhésion du Comte et de la Comtesse Olsoufieff, et du Comte Pierre Chérémétieff; Vladimir Bariatinsky est conjointement Lieutenant Grand Prieur de l'OOSJ, Nicolas Bobrinsky étant âgé et malade.
Une Commanderie de Belgique est constituée, sans suite. 
 
 
2005 le retour en France
En Septembre 2005, Nicolas Bobrinsky, toujours en quête d’un relais efficace en France, fait répondre favorablement au Prince Michel Gortchakoff sur le projet du retour du Grand Prieuré Russe en France, et lui fait porter à Paris, par le Vice-chancelier, la croix de Chevalier. Michel Gortchakoff a déjà été reçu Chevalier dans l’Ordre de Saint-Lazare conjointement par le Duc de Brissac et le Duc de Séville, il a déjà rencontré l’ambassadeur de Russie; étant président de Comité National d’Information sur la Drogue, il connait les milieux politiques et associatifs.
Michel Gortchakoff entreprend alors toutes les démarches politiques, administratives et religieuses pour rétablir les anciennes structures.
En novembre, il rencontre longuement le Prince Serge Obolensky, président de l’Union de la Noblesse Russe auprès duquel il prend conseil sur la marche à suivre la plus adaptée sur le réveil d’une institution aussi sensible. Comprenant la volonté de Michel Gortchakoff de réunir à terme le Grand Prieuré à l’ordre de Malte du Vatican, ainsi que de réunir ses branches sous un seul toit, celui-ci conseille de tout parfaitement régler avant de faire de la publicité autour de l’évènement, et encourage à débuter par des français, dans un Prieuré de France.
Fin décembre, Michel Gortchakoff rencontre Vladimir Bariatinsky avec son épouse Yolande, à Schiltigheim. Ensemble, avec Guenhaël Le Bail Collet, ils s’entendent bien sur l’organisation des affaires et la réalisation du projet. Ils travailleront de concert en développant les aspects religieux, traditionnels et caritatifs du Grand Prieuré. Michel Gortchakoff découvre que l’association de 1955 n’a jamais été dissoute, et existe toujours. Habilité à cet effet, il en récupère les anciens statuts.
Le 03 janvier 2006, un Conseil Provisoire du Grand Prieuré est rétabli. Il est décidé de maintenir les anciens statuts en ne modifiant que le strict nécessaire voulu par la législation, et en attendant la réalisation du projet pour un plus large consensus. Durant ces mois-ci, l’église orthodoxe se révèle divisée entre l’exarchat, le Patriarcat de Moscou, et le Patriarcat de Constantinople. Le Père Boris Bobrinsky, parent du Comte Nicolas, nous accorde son concours.
On ne peut cependant se cloitrer dans une seule confession chrétienne face à la tradition œcuménique du Grand Prieuré. C’est ainsi qu’en quelques mois, pour préserver l’intégrité de la structure historique de 1955, le projet d’un Prieuré pour la France est élaboré. Il doit réunir des individus qui se connaissent, de souche française, représentatifs (militaires, légion d’honneur, familles nobles), chrétiens de spiritualité, des deux sexes, ayant déjà reçu la chevalerie dans d’autres institutions, et ainsi capables de constituer un noyau garantissant l’éthique et la tradition, pour l’accomplissement des cérémonies, l’organisation des réunions. Les dossiers sont adressés pour acceptation au Comte Bobrinsky dont la santé est de plus en plus fragile. Son épouse Tatiana, Chancelier, et Jacques Peltier, vice-chancelier, en corrélation avec Vladimir Bariatinsky qui habite Strasbourg, concourent à préparer la cérémonie de la constitution du Prieuré de France prévue au plus près de la St Jean.
 
Le 25 juin 2006, au Cercle National des Armées:
 
Procès verbal de la réunion: "Se sont réunis à 11heures au Cercle des Armées 8, place St Augustin 75008 Paris, les personnes qui ont signé le registre des présences. Le Vice-Chancelier de l’OOSJ, Jacques Peltier de Glatigny, prononce une allocution destinée à rappeler : - l’historique des évènements qui ont concouru à la réunion de ce jour, - les buts des participants, - la portée des engagements formulés. Après une courte prière, la cérémonie de réception des candidats, qui se sont déjà acquittés de leurs droits, se déroule selon les usages traditionnels, toutes dérogations ayant été convenues quant aux conditions particulières et au caractère exceptionnel de cette réunion. Le Prince Vladimir Vladimirovitch Bariatinsky, Lieutenant Grand Prieur de l’OOSJ, et Président de « l’Union des descendants des Commandeurs et Chevaliers héréditaires », dûment mandaté, dirige la cérémonie. Il donne lecture des engagements auxquels souscrivent tous les candidats présents. Le Prince Stéphane Georgevitch Belosselky-Belozersky, issu d’une famille de Commmandeurs Héréditaires avant 1805, ayant fait reconnaître ses droits et pris les engagements lui incombant, est accueilli dans le Grand-Prieuré, ainsi que son épouse Agnès. C’est alors que les récipiendaires sont présentés individuellement, pour être adoubés, puis reçus, comme «  Dame  » ou « Chevalier », dans la tradition du Grand Prieuré Russe de Saint Jean de 1797 (tradition réaffirmée à Paris en 1928, 1950, 1955, puis par l’OOSJ en 1977), et comme membres adhérents de l’Union des descendants des Commandeurs et Chevaliers héréditaires ». - Michel Nicolaïévitch Prince Gortchakoff, Médecin Principal du Service de Santé des armées, Chevalier de St Lazare, - Jean-Philippe Puchot Comte des Alleurs Chevalier de St Lazare, - Lieutenant Colonel Jean-Claude Corvaisier Chalo St Mard Comte de Sainctes, Chevalier de l’ordre du Mérite, - Capitaine de Vaisseau Ronan Pérennès, Chevalier de la Légion d’honneur, Chevalier de l’ordre du Mérite, - Colonel Bernard Neymond, Chevalier de la Légion d’honneur, Chevalier de l’ordre du Mérite, - Jean-Pierre Robert, - Marcel-Pierre Monthorin, - Gilles Maleyre, - Patrick Hardy, - Cécile Alagille, - Jean-Louis Alagille, - Georges Beaugrand, - Guenhaël Le Bail-Collet, - Christian Herlain, - Oléna Bougaieva Verquin-Lamy, - Serge Verquin-Lamy,
Après la réception des nouveaux impétrants, le Prince Vladimir Vladimirovitch Bariatinsky donne lecture des textes instituant deux Commanderies ainsi que la nomination de leurs commandeurs respectifs. Ceci sera suivi de la constitution du "Prieuré pour la France".
La cérémonie se termine par une bénédiction et une « action de grâce » du Père Alexis Struve (Vice-recteur de la Paroisse de la Sainte Trinité, rue Daru à Paris). Tous les nouveaux membres sont également intégrés dans l’Union.
Ensuite, avec l’autorisation du Comte Bobrinsky, la nouvelle organisation du Grand Prieuré Russe de 1955 se met en place."
Le 14 juillet, il est proposé au Comte Nicolas Bobrinsky d’accepter la charge de Grand Prieur du Grand Prieuré de 1955 à nouveau opérationnel. La réponse est affirmative, mais il meurt peu après, en septembre 2006.
Le 23 Septembre, le Chapitre réunit élit Vladimir Bariatinsky Grande Prieur, succédant à Nicolas Bobrinsky comme Grand-Prieur du Grand-Prieuré Russe (souvent appelé GPR) à Paris. L’OOSJ aux USA programme de nouvelles élections de Grand-Prieur, mais, ce qui s’est passé à Paris restant mal perçu par les Américains, plutôt que de présenter Vladimir Bariatinsky, c’est le Prince Michel Romanov, d’Australie, qui est élu pour l’OOSJ aux USA.
 
Depuis l’Alsace, le Prince Vladimir Bariatinsky et son épouse, très actifs, entretiennent les actions caritatives avec la Russie de façon efficace, au travers de l'association des commandeurs et chevaliers héréditaires du GPR.
 
Le Grand-Prieuré a initié des contacts officiels et obtient les encouragements de Philippe Marini, sénateur et Maire de Compiègne.
Le Président du Sénat, Gérard Larcher est également informé des actions du GPR.
Des contacts chaleureux sont établis avec  Dimitri Romanovitch Romanov Prince de Russie, suite au décès de Michel Romanov en Australie.
Le milieu russe parisien est progressivement sensibilisé.
L'ambassade de Russie à Paris est également approchée et informée.
 
En 2010, les deux princes Vladimir Bariatinsky, Stéphane Belosselsky, quittent la branche historique et se séparent en attendant le rétablissement d'une direction commune. La direction du Grand Prieuré Historique étant assumée par un Conseil de régence.
 
En 2013, les membres du Grand Prieuré historique, constatant plusieurs années la vacance du siège de Grand Prieur, après plusieurs demandes sans réponses auprès de Vladimir Bariatinsky de reprendre sa place parmi eux, ceux-ci demandent au Prince Michel Gortchakoff et d’accepter enfin la charge de Grand Prieur qu’il avait jusque là refusée. En l’absence de contestation recevable des autres parties averties, il est installé dans sa charge le 16 octobre 2013 religieusement, à Paris, laissant toujours la porte ouverte à une réunification.
 
 
 
 
 
 
Références :
 
Février 1775 - Actes relatifs à la transaction entre la République de Pologne et l’ordre de Malthe au sujet des terres de l’ordination d’Ostrog
Recès ou acte de renonciation de l’Ordre de Malthe à l’égard des Terres de l’Ordinatie d’Ostrog. 
2 Janvier 1797 - Convention entre Sa Majesté impériale de toutes les Russies et l’Ordre souverain de Malte et Son Altesse éminentissime monseigneur le grand-maître
12 Juin 1798 - Convention conclue entre la république française, représentée par citoyen Bonaparte, général en chef, et l’ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem
26 août 1798 - Protestation du grand prieuré de Russie
26 août 1798 - Manifeste du grand prieuré de Russie
10 septembre 1798 - Acte par lequel S.M. impériale de Russie prend l’ordre de Malthe sous sa suprême direction 
27 octobre 1798 - Proclamation par laquelle le grand-prieuré de Russie et autres chevaliers de l’ordre, déclarent S.M. l’empereur de Russie, grand-maître de l’ordre de Malthe 
13 novembre 1798 - Acte d’acceptation de S.M. impériale 
 21/31 décembre 1798 - Proclamation ultérieure de S. M. l’empereur de toutes les Russie comme Grand Maître de l’ordre de Malthe 
29 novembre 1798 - Lettre patentes de sa Majesté l’empereur de toutes les Russies, portant établissement d’une nouvelle fondation de Saint Jean de Jérusalem en faveur de la noblesse Russe
1798 / 1799 - Règlements pour la fondation des Commanderies de Famille, ou de « Jus Patronat » en Russie
Recueils des principaux traités d’Alliance, etc. conclus entre les pays d’Europe de 1761 à nos jours par de Martëns - 1829.
           Entre la Pologne et l’Ordre de Malte
           Entre l’empire de Russie et l’Ordre de Malte.
Promulgation de la nouvelle fondation de Paul 1er en décembre 1799
Lettres Patentes pour les commanderies Héréditaires de juillet 1799
Nobiliaire universel de Saint Allais éd. 1875
Almanach de la cour 1800  - 1811 - 1910 - 1911 - 1914
Antochevsky « L’ordre de St Jean de Jérusalem en Russie » à l’intention du Grand Prieur de l’ordre le Tsarevitch Alexis Nicolaïevitch. 1914 Bibliothèque historique gouvernementale,
« Le Tsar Paul 1er  et son Grand Prieuré de l’Ordre de Malte » par le Baron Michel de Taube, 1955
« Histoire sincère des Ordre de l’Hôpital »  Eric Muraise, 1997
Site Web Foster:  http://www.orderstjohn.org/osj/history.htm
Et autres sur la toile …

Plus...

1928  sur les bases de la Nouvelle Fondation de  l’Ordre de Malte 

Après la Première guerre mondiale et la montée destructrice du Bolchevisme, toutes les institutions impériales sont supprimées. Les bâtiments de l'ordre, ses biens, et autres propriétés, sont saisis et détournés de leur usage, mais le Grand Prieuré Russe de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem ne fut jamais aboli. 
 
Aussi, peu après la reconnaissance de la Russie Soviétique, en 1928, douze représentants des familles survivantes de commandeurs héréditaires se réunissent à Paris, où ils rétablissent formellement le Grand Prieuré Russe dans toutes ses prérogatives.
Comte Dimitri Cheremeteff, Prince Serge Bielosselsky-Bielozersky, Comte Hilarion Worontzoff-Datchkoff, Paul Demidoff, Dimitri Boutourline, Prince Serge Dolgorouki, Paul Davydoff, Léon Narichkine, Prince Nikita Troubetski, Dimitri Jerebzoff, Nicolas Tchirikoff, Comte Dmitri Olzoufieff,
Ils s'associent quatre collaborateurs, aspirants : Comte Vladimir Borch (Commandeur héréditaire catholique), Prince Vladimir Galitzine, Comte André Lanski, Comte Alexandre Mordinoff ; le Prince Vladimir Bariatinsky rejoint l'Union peu après.
C'est la Déclaration de l'Union des Commandeurs Héréditaires du 24 Juin 1928. Cette déclaration spécifie très clairement « rétablir de fait l'activité du Grand Prieuré Russe de l'ordre de Malte ». On doit surtout tenir compte du fait que l'un des signataires de ce manifeste est le Prince Paul Alexandrovitch Demidoff et que ce dernier est mentionné dans l'almanach de la Cour de 1911 et de 1914 comme « commandant (sic) héréditaire de l'ordre de Malte ». Cette présence de Paul Demidoff constitue, en quelque sorte, le lien authentique entre le Grand Prieuré Russe avant la révolution de 1917 (chute de l'Empire) et après 1928 (continuation du Grand Prieuré Russe à Paris). Ce groupe d'exilés reste actif en France reçut la protection des Romanov en la personne des Grands Ducs Cyril, Alexandre et Andrei. On connaît la composition du Grand Conseil en 1929,1949, et 1955. On trouve entre autres noms déjà connus, le Prince Pierre Volkonski, Ivan Pouzyne (des Princes Pouzyne-Kozalski, polono-lithuaniens), le Baron de Taube...
Malgré les efforts du Grand Prieuré Russe auprès du Vatican et de l’OSM, les tentatives de rapprochement sont repoussées au prétexte des différences confessionnelles. 
Pour survivre, face au dérobement du Vatican, il faudra adouber de nouveaux chevaliers, par les usages de la chevalerie traditionnelle.

Plus...

1798 sur les bases du Grand Prieuré Russe de l’Ordre de Malte de 1797

A la suite de ce succès, Paul 1er projette, toujours en accord avec les Grand- Maîtres de Malte, la constitution d'un autre Grand Prieuré pour sa noblesse non catholique. Après la rédaction commune de la constitution, le traité ne sera pas entériné en raison des évènements suivants.
En Juin 1798, l'ile de Malte est attaquée et pillée par les troupes révolutionnaires du Directoire sous les ordres de Napoléon Bonaparte sur le chemin de l'Égypte. Le Grand Maître, Hompesch, n'oppose, semble-t-il aucune résistance. Environ deux cents chevaliers, issus de toutes les Langues (Provinces) de l'ordre, trouvent alors refuge à Saint-Pétersbourg, auprès de leur protecteur lequel, en ces temps de crise extrême, représente leur ultime et seul recours.
Le 26 Août 1798, c'est sans conteste ce même groupe de chevaliers, augmenté de ceux que Grand Prieuré Russe, qui dépose le Grand Maître Hompesch (lequel abdiquera d'ailleurs en 1799 entre les mains de son successeur, Paul 1er) ; groupe qui élit, le 27 Octobre, à sa place l'empereur Paul 1er comme 72ème Grand Maître de l'ordre. Celui-ci, également chef de l’église orthodoxe, réunissait une double souveraineté autrement appelée « union personnelle ». Le nonce apostolique représente la position du Vatican, qui paraît soutenir ce choix. En effet, cette élection n'est pas strictement conforme aux constitutions de l’ordre, car du fait de la situation politique en Europe, tout le monde ne peut pas voter. Mais les circonstances sont très largement reconnues par tous comme exceptionnelles. Aucune cour européenne ne s’y oppose.
Le 29 Novembre 1798, un an après la constitution du Grand Prieuré Russe catholique, Paul 1er est investi comme 72ème Grand Maître. Cette élection est accueillie toujours sans contestation par le Pape de Rome, qui ne proteste que le 14 Mars 1799, « invoquant la défense de ses intérêts ». Cette décision des Chevaliers dûment réunis est admise et reconnue par la majorité des cours européennes. Seuls, les prieurés d'Espagne et d'Italie refusent de reconnaître le nouveau Grand Maître. Après l'élection de l'empereur, celui-ci confirma et ratifia pour lui-même et engageant fermement ses successeurs, « pour les temps éternels » (na vetchnye vremena), la création de la nouvelle fondation de l’ordre, sur les bases de la constitution du  Grand Prieuré « œcuménique » prévu.
En 1800, le florissant Grand Prieuré Russe comptait plus de quatre cents chevaliers et dames, tandis que de son côté le Grand Prieuré (russe) Catholique en comptait deux cents. Furent créées vingt et une commanderies « ancestrales », « de famille », ou de jus patronat (nommément désignées comme héréditaires dans l'oukase fondateur du 21 juillet 1799 qui use précisément de l'expression de « droits héréditaires »). L'empereur Alexandre 1er créera par la suite deux autres de ces commanderies héréditaires. Cette nouvelle « Langue Russe autonome » fut regardée par le Pape de Rome Pie VII comme « tolérée, mais pourtant jamais approuvée ». Un autre texte parlera « d'agrégation de croix de dévotions ». On notera qu'il s'agit là de la même attitude qui avait été adoptée, lors de la « scission », au temps de la Réforme, concernant le Grand-Bailliage de Brandebourg.
 
Il semble que Paul 1er voulait établir une élite chevaleresque chrétienne, qui puisse faire face durablement à l'idéologie destructrice et subversive de la Révolution Française.
L'idée était de grouper, autour de l'ordre de Malte, toutes les forces militaires et intellectuelles de l'Europe, sans distinctions de nationalités, classes, et confessions, en vue d'enrayer le mouvement révolutionnaire, parti de France, qui menaçait non seulement « les trônes et les autels », mais, en dernière analyse, tout l'ordre de choses existant dans l'Europe civilisée. En 1798-1799, il s'agissait donc bien d'un projet de ligue internationale, légitimiste (chrétienne, mais extra-confessionnelle), à opposer aux doctrines et agissements des révolutionnaires de France.
APRES PAUL 1er
 
Paul 1er, assassiné par son entourage du fait de sa volonté de réformes en 1801, son fils, l'empereur Alexandre 1er, ne comprend pas le dessein de son père, et refuse ainsi de devenir Grand Maître de l'ordre mais il reste cependant fermement attaché à sa haute charge de Protecteur. Il finit par se décharger du Grand Prieuré Catholique que lui contestait le Pape. Mais, devant l'impossibilité d'obtenir par voie de vote régulier l'élection d'un nouveau Grand Maître, l'empereur accepte la nomination exceptionnelle par le Pape du Grand Maître, Tommasi, membre du Grand Prieuré Russe, entérinant par là la validité des évènements de Saint Pétesbourg au cours des cinq dernières années. Or, tandis qu'en Occident l'ordre reste totalement désorganisé et se désagrège rapidement, il reste étonnement prospère et puissant en Russie. En Occident, l'ordre perd pratiquement sa souveraineté. Les quelques  moines restants se trouvent sous l'autorité directe du Vatican avec un Lieutenant, sans Grand Maître.
Ceci fait douter certains de la continuité réelle de l’Ordre Souverain de Malte et de sa légitimité, le situant dès lors comme un Ordre du Vatican, restauration du Grand Magistère en 1879 et qui ne recevra sa nouvelle constitution qu’en 1961.
De 1805 à 1810, les Grand Prieuré Russe vers ses responsions à la branche Vaticane.
 
1810
A cette date, devant le coût financier de plus en plus exorbitant de la guerre, l'empereur Alexandre 1er séquestre toutes les propriétés et les valeurs des deux Prieurés russes de l'ordre. Cela permis de renflouer quelque peu le Trésor, et d'éviter la fuite de capitaux vers l'étranger (par le biais des « droits de passages » qui auraient pu être envoyés vers l'Italie). C’est la Couronne qui désormais subvient à toutes les charges financières du Grand Prieuré Russe qui continue donc d’exister.
 
CONTINUITE
Mais, si dans la seconde partie du XIXème siècle, la trace du Grand Prieuré Russe devient alors plus discrète, cependant, on retrouve différentes indications qui confirment son maintient au moins comme « ordre de décoration ». On notera encore, en 1912, l'autorisation accordée par Nicolas II au Comte Vladimir Armfeldt de porter la croix de l'ordre de Saint Jean (non-romain), et l'extension de ce droit à son fils. On retrouve un document en 1914, destiné au tsarévitch, appelé le livre d'Antochevski, recensant les commandeurs et chevaliers de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, et surtout citant le tsarévitch comme Grand Prieur du Grand Prieuré Russe. Ceci prouve encore l'évidente survivance du Grand-Prieuré Russe de l'ordre de Saint Jean, bénéficiant jusqu'au bout du soutien et de l'agrément de l'empereur et retrouvé dans les publications étrangères sur les ordres et décorations.
Ainsi, lors de la Révolution de 1917, le Grand Prieuré Russe continuait d’exister, car, issu d’une convention internationale, aucune structure n’était habilitée à l’abroger. L’Empire de Russie ne pouvait rayer un Grand Prieuré qui appartenait à l’ordre de Malte ; et l’Ordre de Malte n’a jamais produit un document juridique dans les formes appropriées comme dans le fond, allant dans ce sens.

Plus...

1797 sur les bases du Grand Prieuré de Pologne de l’Ordre de Malte de 1775

Le 15 Janvier 1797, une convention est signée entre l’ordre de Malte et l’Empire de Russie, sur les bases du Grand Prieuré de Pologne, entérinant la constitution d’un Grand Prieuré Russe, qui est évidemment catholique. Participent les nobles catholiques polonais, français (émigrés du fait de la révolution), mais aussi quelques russes catholiques.
Ce Grand Prieuré Russe, dit catholique, est inauguré le 29 Novembre 1797, en présence du nonce apostolique, légat du Pape. Le Grand Prieur en est le Prince de Condé. L'empereur, protecteur de l’Ordre, est alors reçu en tant que Grand-Croix, avec l'habit religieux. Sa position de chef de l’Eglise orthodoxe et d'homme marié ne pose semble-t-il aucun problème aux autorités de l'ordre de l’époque, ni au Vatican, ni aux institutions internationales. De plus la bulle de 1762, sur la laïcisation des ordres religieux, semble ouvrir des opportunités. Il faut noter ici, que des dispenses pour mariage étaient alors relativement fréquentes, et, que les « non catholiques » du Grand Bailliage de Brandebourg avaient été depuis bien longtemps « tolérés » dans l'ordre. Le Pape changera d'avis plus tard. A cette époque, en France, l'ordre n'existe plus : le gouvernement révolutionnaire avait confisqué et nationalisé tous ses biens et ceux de ses membres. Après Paul 1er, tous les tsars réaffirmeront leur rôle de protecteur sur ce qui touche à l’Ordre de Malte.

Plus...

1775 sur les bases de l’ordonatie d’Ostrog 

L’Ordre de Malte convient avec la Diète Polonaise de renoncer à l’ordonatie d’Ostrog contre la mise en place d’un Grand Prieuré de Pologne dont les fondations sont établies avec de nombreuses dispenses, telles qu’un Grand Prieur et des commandeurs mariés.
Au XVIIIe siècle, cherchant une base méditerranéenne, la Russie poursuit des négociations depuis longtemps avec Malte, mais, suite aux partitions de la Pologne, la Russie se trouve confrontée à la gestion des commanderies catholiques et à un projet de Grand Prieuré de Pologne.

Plus...

1609 sur les bases de l’Ordre de Malte 

L’ordre est établit en Pologne depuis 1609. En 1710, le Comte Janus d’Ostrog lègue à l’ordre de Malte une vaste et riche ordonatie qui deviendra source de conflit avec ses héritiers, puis avec l’état polonais.

1048 , sur les bases de l’Hôpital de Jérusalem

Depuis 1048, financés par les riches marchands de la république d’Amalfi, une communauté de moines rétablit l’hôpital St Jean à Jérusalem, fondé précédemment par Charlemagne et détruit quelques décennies plus tôt. Le recteur gère également les dispensaires de l’église de sainte Marie Latine, et la léproserie de St Lazare située hors les murs. Cet ensemble constitue ce que l’on appelait "l’Hôpital de Jérusalem".
En 1070, la communauté des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem reçoit officiellement sa règle hospitalière bénédictine.
Cinquante ans plus tard,  après le siège de Jérusalem (1099) par les Croisés en 1099, devant l’insécurité générale, des Chanoines réguliers de saint Augustin sont constitués en milice (l’Ordre du Saint-Sépulcre avec la croix patriarcale rouge), inversement des Chevaliers se constituent en ordre religieux (L’ordre du Temple avec la croix pattée rouge), de même les Hospitaliers se transforment en ordres militaires et religieux (avec la croix d’Amalfi à 8 pointes). Les Hospitaliers St Jean constituent l’ordre de St Jean (Croix blanche), ceux de la léproserie de St Lazare, constituent l’Ordre de Saint-Lazare, (Croix verte), plus tard ceux de Sainte Marie aux Teutoniques, l’Ordre Teutonique (Croix noire), etc.
 
L’ordre Militaire et Hospitalier de Saint Jean de Jérusalem est plus connu sous le nom de «l'Hôpital» ou d'« Ordre de Malte ». Ces Ordres s’appellent aussi des Religions : Religion de St Jean, Religion de St Lazare.
Avec la fin des croisades, l'Ordre des Hospitaliers se replie progressivement sur Chypre, Rhodes (1312) et enfin Malte (1530), d’où son nom le plus connu.

1950

En 1950, s’ouvre une décennie qui voit la résurgence de l’Ordre Souverain de Malte du Vatican privée de Grand Maître jusqu’en 1962 ; Son Altesse Impériale André Romanoff fait établir un statut sous la protection de la France, en absorbant l’association philanthropique de 1928. L’arrêté du ministère de l’intérieur de la République Française du 19 février 1955 autorise le Grand Prieuré Russe de l’Ordre Souverain de Jérusalem qui perdure jusqu’à ce jour.

1928

En 1928, à la Saint Jean Baptiste, à Paris, un groupe de 12 signataires représentants des commandeurs héréditaires établissent une déclaration solennelle proclamant la continuité du Grand Prieuré Russe, sous forme d’une association philanthropique. La France, depuis Paul 1er a toujours été considérée par l’Empire de Russie, comme le seul pays fréquentable en Europe. La langue française était celle de la cour et de toute l’aristocratie russe.

1797

En 1797, créé par une convention internationale, le Grand Prieuré Russe de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem est catholique et reçoit le tsar Paul 1er dans l’Ordre avec l’habit. Il est nommé Protecteur de l’Ordre de Malte.
Le Prince de Condé figure dès 1800 comme étant son Grand Prieur, secondé par de nombreux français en exil.

Une « Nouvelle Fondation », chrétienne mais non confessionnelle, mixte, de dimension internationale, voit le jour en 1798.
On soulignera que :
- Les « nouveautés (le Grand Prieur et les commandeurs pouvant être mariés, les commandeurs héréditaires) sont issues directement d’un traité entre la République de Pologne et l’Ordre de Malte signé vingt ans avant (1775)
- Le Grand Prieuré Russe est constitué par une convention internationale qui a engagée successivement trois Grand Maîtres de l’Ordre de Malte
- Paul 1er, 72ème Grand Maître de l’Ordre de Malte, par la « Nouvelle Fondation » n’a fait que de réformer ce qui était dans les projets de ses prédécesseurs à la Grande Maîtrise. Elle n’abroge pas l’ancienne constitution, elle la complète et l’adapte au siècle, dans les traditions règlementaires de l’ordre.

Les deux Grands Prieurés Russes ont progressivement évolué en une seule entité le second absorbant le premier ; cette entité est devenue autonome, par disparition successive de ses autorités conventionnelles, l’Ordre de Malte (1805) et l’Empire de Russie (1917).
Le Grand Prieuré Russe mettra longtemps à surmonter les disparitions successives de ses « parents ».